Audio de mardi 12.01.21

Courte méditation de T. Voiblet


Adorer


Qu’est-ce qui marche à quatre pattes le matin, à deux pattes le midi et à trois pattes le soir ? Telle était l’énigme antique illustrant la progression de l’homme depuis l’enfance fragile où se tenir sur ses pieds n’est pas encore appris, en passant par l’âge d’or où, se tenant fièrement sur ses deux pieds, l’homme s’élève pour accomplir tant de projets et relever tant de défis avant de finir, harassé par le voyage, appuyé sur une canne, ce nouveau membre qui soutient ce héros d’autrefois…
Mais pourtant, en étant honnête et en regardant dans le rétroviseur de la vie, on se rend compte que, dans la fleur de l’âge, dans ce temps où rien ne devait être impossible, nous nous sommes retrouvés accablés, forcés de mettre un genou à terre car nos pieds ne pouvaient plus supporter le poids qui s’accumulait sur nos épaules. Dans cette course qu’est la vie, tant d’autres étaient déjà allés plus loin que la petite étape où nous nous sommes arrêtés. Et ceux qui nous dépassent nous narguent. La vie nous pousse à devoir nous relever et à aller encore plus loin alors que notre corps ne le peut tout simplement plus. Et le genou se retrouve à nouveau à terre.


Mais voici qu’un jour, un homme est venu. Était-il réellement un simple homme ? Je l’entendis dire à un homme paralysé : « Lève-toi et marche » ! Comment pouvait-il encore demander cela ? Face à un homme dont le corps refusait tout simplement de bouger à nouveau !? Mais son discours ne se limitait pas à cette parole. Il ajouta :  « Tes péchés sont pardonnés ! » Et c’est alors que l’homme se dressa d’un seul coup sur ses pieds, comme si tout le poids qui le pesait s’en était allé ! Il rendait gloire à Dieu qui l’avait guéri. Mais n’était-ce pas cet homme, ce Jésus, qui l’avait délivré ?
En continuant de suivre cet homme, j’eus l’occasion d’entendre plusieurs de ses discours et je l’entendis parler comme personne n’avait jamais parlé. Il dit un jour : « Mon joug est doux et mon fardeau léger » ! Est-ce ainsi qu’il nous encourageait à le suivre ? Mais le jour le plus marquant fut celui où ce Jésus fit face à un corps qui ne pouvait sabsolu ement plus bougé car la vie l’avait quitté. Le corps d’un certain Lazare. Ce jour-là il dit : « Je suis la résurrection et la vie » et ordonna à cet homme de sortir du tombeau. Et c’est ce qu’il fit ! La vie l’habita à nouveau et le corps se remit à bouger, lui que la mort était venu fauché trop tôt. Comment ne pas être troublé par cela ? Comment ne pas en perdre le sommeil ?
Comment comprendre ces paroles : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais ait la vie éternelle »?


Ce n’est que plus tard que je compris ces paroles. Lorsque je vis cet homme, meurtri, porté une croix et se retrouvant si souvent, à son tour, à mettre le genou à terre sous ce poids colossal. Mais il alla jusqu’au bout du chemin, jusqu’au sommet de cette colline. Et là il fut élevé encore un plus haut lorsqu’il fut cloué sur sa croix. Je compris alors que c’est à ce moment-là que le Fils fut donné.
Je pleurai.
Je pleurai car je n’avais pas encore eu la réponse à une question : « Pourquoi ? Pourquoi faire cela ? »


Mais voilà que quelques jours plus tard, alors que j’errai dans les rues, tourmenté dans mes pensées, l’on vient me dire : « Il est vivant !!! » A cette parole surréaliste, mes membres retrouvèrent une soudaine vigueur qui les poussèrent à courir plus vite que jamais vers l’endroit où ce Jésus fut aperçu. Et lorsque je fus arrivé, je le vis et, à ma grande surprise, je tombai à genou devant lui. Non pas que j’étais fatigué mais au contraire, j’étais heureux de le voir !


Et c’est là qu’il ouvrit mes yeux ! Autrefois j’étais aveugle mais maintenant je vois ! Il aura fallu du temps mais je compris alors quel était le plan de Dieu en envoyant son Fils pour enlever le péché du monde, mon péché qui était ce fardeau qui me faisait chuter dans la course de la vie avant que je ne change de chemin et de maître. Je fus consolé, par son Esprit qui était comme un vent doux. Je voulais en savoir plus encore mais Jésus me répondit que tout ce qui le concerne se trouve dans les Écritures et il m’encouragea à me souvenir de ses paroles . Et après cela, il s’en alla en nous promettant d’être toujours présent et toujours à l’écoute par la prière.
Dorénavant je peux adorer mon Dieu en me souvenant de ce qu’Il a fait. Je peux l’adorer en Lui demandant où je dois aller et comment y aller. Dorénavant je peux l’adorer en comptant sur ses forces et sur sa présence pour entreprendre tout ce qu’Il a prévu d’avance. Je peux l’adorer en écoutant Sa Parole qui me transforme et qui me renouvelle. Je peux l’adorer en esprit et en vérité car son Esprit repose sur moi. C’est pourquoi, face à sa grandeur, à sa gloire et à son amour, je me retrouve dorénavant à genou le matin, le midi et le soir. Je ne suis plus coureur, je suis adorateur.

 

 

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