Audio de lundi 11.01.21

Courte méditation de C.-H. Gobat


Luc 8 : 4-8 et 15

Un homme se promène dans les rues d’une grande ville avec un ami indien. Il y a beaucoup de circulation ce jour-là. Soudainement, l’indien s’arrête :

  • Qu’y a-t-il ? lui demande son ami.
  • N’entendez-vous pas le grillon ? dit l’indien.
  • Un grillon, ici en ville, c’est impossible ! Et s’il y en avait un, tu ne pourrais pas l’entendre avec le bruit qu’il y a.

L’indien écoute son ami tout en se dirigeant vers la porte d’une maison. Près de la porte se trouve une plante grimpante. Il écarte alors les feuilles et montre à son ami le grillon. Celui-ci est émerveillé : vous, les indiens, dit-il, vous avez de meilleures oreilles que les blancs.

Son ami répond : je ne crois pas. Je crois même que vous entendez aussi bien que nous, mais vous écoutez d’autres sons. Regarde ! Il sort de sa poche une pièce de monnaie et la laisse tomber sur le trottoir. Les passants s’arrêtent alors pour voir d’où vient ce bruit.

Tu vois, dit-il, ce bruit n’est pas plus fort que celui d’un grillon, mais tous l’ont entendu. Tout dépend de ce à quoi notre oreille est attentive.

Amis auditeurs, si tu prends le temps d’écouter cet enregistrement, c’est peut-être que tu désires être à l’écoute de Dieu, être sensible et réceptif à sa voix. Alors, la voix de Dieu ressemble-t-elle au son d’un grillon ou à celui d’une pièce de monnaie lorsqu’elle tombe dans la rue ? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que nous avons besoin d’exercer nos oreilles pour l’entendre.

Car cette aptitude à l’entendre, encouragée par Jésus dans la parabole lue, ne nous est pas innée. Elle se cultive. A ce sujet, il me semble qu’il y a parfois un contresens dans notre interprétation des divers terrains mentionnés dans ce texte. Je m’explique. Comme, dans l’image proposée par Jésus, il est question de la « nature » de ces terrains, nous avons tendance à penser que nous sommes, « par nature », dans tel ou tel sol. Nous nous attendons donc, plus ou moins, à ce que notre réceptivité aille de soi, vienne naturellement, et surtout si nous nous associons à la « bonne terre ». Or, ce n’est pas le cas.

Car ce qui fait la différence, ce n’est pas un quelconque talent naturel mais avant tout et surtout la qualité de notre attention, la qualité de notre capacité ou de notre désir à faire notre cette parole. Et là, souvent, cette réceptivité demande un effort, un engagement.

En effet, il s’agira, non seulement, de recevoir cette parole plantée en nous mais également de veiller sur elle comme sur un trésor précieux et de l’alimenter de notre réflexion, de notre méditation et de notre application afin qu’elle germe dans nos vies. Il n’y a donc pas là d’automatisme. C’est de notre participation qu’il s’agit.

Et là, d’un seul coup, tout s’éclaire, tout le sens de cette image des semailles. Si Dieu sème, c’est qu’il nous veut partenaire. Pleinement partie prenante, dans la production des fruits. Oui Il veut faire quelque chose de beau de nos vies mais il ne veut pas le faire sans nous. Parce que nous ne sommes pas pour lui une simple matière qu’il travaille, mais des personnes qu’il a créées et qu’il aime voir se réaliser et se développer en relation avec lui et ce qu’il donne. Voilà pourquoi Dieu sème et nous invite à l’écoute attentive, aux temps des maturations et aux fruits. Voilà pourquoi la vie chrétienne est un long cheminement parfois exigeant et non une transformation instantanée. « D’un cœur sincère et volontaire, ils entendent la parole, dit Jésus, s’y accrochent, ne se laissent pas décourager et portent du fruit. »

Seigneur, accorde-nous un cœur capable d’entendre ta Parole, de la méditer, de la laisser s’enraciner en nous et nous transformer !

 

 

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